Visites et rencontres

Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire, au musée de l’Armée

2016-05-07 20.52.03Très intéressée par l’histoire des Bonaparte, je ne pouvais pas passer à côté de l’exposition que l’on peut voir actuellement au Musée de l’Armée à Paris : Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire. C’était le bon timing : c’était l’anniversaire de sa mort il y a deux jours, le 5 mai.

Entrée dans le quotidien d’un ancien empereur condamné à l’exil

Les derniers objets ayant appartenu à l’Empereur sont normalement visibles à Sainte-Hélène. Mais ils ont été restaurés en France, et le Musée de l’Armée en a profité pour les exposer avant qu’ils ne repartent. L’exposition nous présente d’abord l’île de Sainte-Hélène (avec de magnifiques vidéos qui donnent envie de prendre le bateau sur le champ !) puis en vient au séjour de l’ancien empereur. Des pièces du domaine où il a résidé sont reconstituées et présentées avec des images de synthèse qui nous permettent de mieux visualiser les lieux. On peut ainsi admirer de nombreux objets ayant appartenu à Napoléon : des armoires, ses lits de camp, un lavabo, un échiquier, des livres … Nous entrons dans son intimité. Son quotidien est difficile. Les Anglais le surveillent de très près par peur qu’il ne s’enfuit. Malgré tout, Napoléon (que les Anglais appellent désormais « Général Bonaparte ») parvient à entreprendre une correspondance clandestine grâce à ses proches restés avec lui. La première partie du parcours s’intéresse ainsi à sa vie quotidienne. La seconde partie propose un focus sur son entourage avant d’en venir à sa mort puis à sa mémoire. De nombreux tableaux et gravures viennent illustrer ce destin exceptionnel et cette fin tragique.

Quelques œuvres qui m’ont marquée

L’Escadre française à Sainte-Hélène, le 18 octobre 1840 de Jean-Baptiste-Henri Durand-Brager, 1840   Même après sa mort, Napoléon continue d’alimenter la vie politique. En 1840, le roi Louis-Philippe décide alors de ramener la dépouille de l’ancien empereur en France (avec l’accord des Anglais). C’est son fils, le prince de Joinville, qui fait le voyage jusqu’à Sainte-Hélène. Ce tableau illustre ce que le prince raconte dans ses Souvenirs : « A un magnifique coucher de soleil succédait un crépuscule d’un calme profond. Les autorités et les troupes anglaises se tenaient immobiles, rangées sur la place, pendant que le canon de nos vaisseaux faisait le salut royal. »

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« C’est fini… », de Oscar Rex, vers 1900  Napoléon seul, assis le dos courbé sur une pierre, lui qui a connu l’or du trône impérial. Son célèbre tricorne n’est plus sur sa tête mais repose aussi sur le rocher. Et face à cet empereur déchu, l’immensité de l’océan. Rien à l’horizon. Avec ce tableau, on ressent toute la solitude du prisonnier.

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L’Avenir des statues, de René Magritte, 1932  Sur une édition commerciale en plâtre du masque mortuaire de Napoléon, René Magritte dessine des nuages pour insister sur le caractère éphémère de la gloire (même si, à ce sujet, on peut se dire que la gloire de Napoléon est bien toujours d’actualité aujourd’hui !). Mais cette oeuvre aurait aussi pour signification que les souverains n’existent que par les images qu’on projette sur eux. Je trouve cette idée de René Magritte de peindre sur la reproduction d’un masque mortuaire plutôt surprenante. Il veut montrer que la gloire ne dure pas et pourtant, en peignant sur le masque mortuaire de Napoléon, il contribue à la notoriété de l’empereur. Napoléon devient une oeuvre d’art et par là-même, acquiert une certaine éternité (mais ceci n’est que mon humble avis).

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En vrac

Napoléon aimait donner des ordres sur l’entretien des jardins, en se promenant avec une queue de billard ; il a lu la correspondance de son ex-femme, Joséphine (décédée en mai 1814) qui fut publiée, non sans râler à la lecture de lettres qui ne lui plaisaient pas ; il a dicté ses mémoires à ses proches qui l’accompagnaient dans son exil ; il a écrit dans son testament : « Je meurs prématurément, assassiné par l’oligarchie anglaise et son sicaire [Lowe] ; le peuple anglais ne tardera pas à me venger » ; sur la tombe de Napoléon, les Français présents voulaient inscrire : « Napoléon. Né à Ajaccio le 15 août 1769, mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821 » mais le gouverneur préférait un simple « Bonaparte ». Faute d’accord, on ne grava aucune inscription.

En bref

Une exposition qui nous fait entrer de plain pied dans le quotidien de l’empereur déchu. On y découvre l’île et ses magnifiques paysages tout en réalisant à quel point Napoléon devait se sentir seul. Explications et frises chronologiques nous aident à nous repérer dans la vie mouvementée du prisonnier. Meubles, tableaux, gravures, images de synthèse, nous donnent à voir les décors du dernier acte de la vie de Napoléon. Je conseille cette exposition à toutes les personnes intéressées par Napoléon mais aussi à ceux qui, curieux, voudraient en savoir un peu plus sur lui.

  • Exposition Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire  Musée de l’Armée  jusqu’au 24 juillet 2016

 

 

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6 réflexions au sujet de « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire, au musée de l’Armée »

  1. Il y 3 jours, je justement allée aux Invalides, lors d’une ballade improvisée. Justement, comme ce n’était pas prévu (et aussi parce que je voulais éviter l’orage…), je n’ai pu visiter ni le musée de l’armée, ni faire cette exposition ! J’ai juste eu le temps de faire le tour du bâtiment, d’aller visiter l’église du Dôme et la collection des armes et armures. J’ai plein de bonnes raisons d’y retourner très vite, dont ton article ! L’exposition a l’air vraiment superbe, j’aime énormément les oeuvres que tu présentes, surtout « C’est fini… » Si on parle de/étudie beaucoup Napoléon, ce sont moins ses derniers jours que l’Empereur glorieux.

    J'aime

    1. En effet, on nous parle moins des derniers jours de Napoléon, ce qui est fort dommage.
      Je te comprends pour le musée de l’Armée. Il faut des heures et des heures pour tout voir. Je dois aussi y retourner pour voir la collection sur le Second Empire et la partie sur l’Ordre de la Libération. J’espère que le musée et l’exposition te plairont !

      Aimé par 1 personne

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