Documents, Essais·Premières lignes

Premières lignes #2

Image premières lignesIl y a un peu plus d’un mois, je participais pour la première fois aux rendez-vous « Premières lignes » de Ma lecturothèque. Depuis, j’ai lu un nouvel essai. Sa lecture m’a pris du temps, parce que son nombre de pages est assez conséquent (700) mais aussi parce que c’est une lecture qui nous pousse à réfléchir. Cet essai, c’est Cosmos, de Michel Onfray.  Le titre nous renseigne d’office sur la volonté de l’auteur : parler de l’univers. Michel Onfray pratique une philosophie matérialiste, c’est-à-dire qu’il s’attache à ce qui est, la matière : la réalité, c’est la matière. Les premières lignes de Cosmos (la préface) relatent un événement personnel de la vie de l’auteur : la mort de son père. On devine alors que son livre ne sera pas un exposé de principes philosophiques abstraits, mais un ouvrage ancré dans le réel et qui se fonde sur ce que l’auteur vit, voit, sent, goûte, entend et touche.

« Préface

La mort

Le cosmos nous réunira

Mon père est mort dans mes bras, vingt minutes après le début de la nuit de l’Avent, debout, comme un chêne foudroyé qui, frappé par le destin, l’aurait accepté, mais tout en refusant de tomber. Je l’ai pris dans mes bras, déraciné de la terre qu’il avait soudainement quittée, porté comme Énée porta son père en quittant Troie. Ensuite, je l’ai assis le long d’un mur, puis, quand il fut clair qu’il ne reviendrait pas, je l’ai allongé de toute sa longueur sur le sol, comme pour l’aliter dans le néant qu’il semble avoir rejoint sans s’en apercevoir.

En quelques secondes j’avais perdu mon père. Ce que j’avais si souvent craint était arrivé, en ma présence. Je ne suis jamais parti donner des conférences en Australie ou en Inde, au Japon ou aux États-Unis, en Amérique du Sud ou en Afrique noire sans penser au fait qu’il aurait pu mourir pendant mon absence. Je songeais alors avec effroi qu’il m’aurait fallu faire un long retour en avion vers lui en le sachant mort. Or, il mourrait, là, avec moi, dans mes bras, seul à seul. Il profitait de ma présence pour quitter le monde en me le laissant. »

Dès ces premières lignes, j’ai trouvé la plume de Michel Onfray très agréable à lire. Avec cette préface, on se rend compte qu’on entre dans un livre très personnel, où l’auteur a mis beaucoup de lui. L’ouvrage contient des évocations de sa vie et nous montre que la philosophie nous accompagne à chaque instant. L’auteur a un don pour rendre chaque chose passionnante. J’ai dévoré les pages sur le parcours des anguilles et ai été frappée par ce que j’ai lu dans un chapitre consacré à ce qu’on appelle l’art africain. A travers cinq grandes parties (le temps, la vie, l’animal, le cosmos, le sublime), Michel Onfray nous aide à contempler le monde, avec une idée : « Le livre n’est grand que lorsqu’il apprend à se passer de lui, à lever la tête, à sortir le nez du volume pour regarder le détail du monde qui n’attend que notre souci » (p.37). Ce livre m’a vraiment aidée à ouvrir les yeux sur ce qui m’entoure. J’ai eu des révélations en le lisant, des moments où je posais le livre et où je me disais « Mais oui, pourquoi n’y avais-je jamais pensé ?! ».

Cosmos fait partie d’une trilogie dont le deuxième volume sera en librairie en 2017. Une certitude : je le lirai. Et je lirai aussi d’autres ouvrages de Michel Onfray. Sa manière d’aborder la philosophie est passionnante, bien loin des concepts que l’on nous oblige à apprendre par cœur sans vraiment les comprendre durant nos parcours scolaires et/ou universitaires.

Avez-vous déjà lu un livre de Michel Onfray ? Qu’en avez-vous pensé ?

 cosmos

Publicités

13 réflexions au sujet de « Premières lignes #2 »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s