BD, Comics et Mangas

Mon coup de coeur estival pour le manga Library Wars – Love & War

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En juillet j’ai lu le premier volume de cette série de manga découverte par hasard. Depuis j’ai dévoré les volumes, jusqu’au dernier il y a quelques jours. C’est un gros gros coup de cœur et je ne pouvais pas ne pas vous en parler !

Library Wars – Love & War (de Kiiro Yumi) est inspiré du livre Library Wars de Hiro Arikawa, publié entre 2006 et 2007. Cette réécriture se présente sous la forme d’un shojo (catégorie de manga destinée à de jeunes adolescentes) de 15 volumes publiés entre 2007 et 2014. La série a été publiée en France par les éditions Glénat.

Une réflexion sur la liberté d’expression

Le récit se situe au Japon dans un futur alternatif. La loi d’amélioration des médias est au cœur d’une lutte de pouvoir puisqu’elle met en place une censure d’État. C’est un comité, le comité d’amélioration des médias, qui est chargé de veiller au respect de la loi et exerce ainsi une pression sur les publications (livres, journaux…). Le comité peut interdire des publications ou confisquer des ouvrages pour x raisons, comme atteinte aux bonnes mœurs par exemple. Face à cette censure, les directeurs de bibliothèques se sont battus pour instaurer une déclaration relative à la liberté des bibliothèques : ces-dernières peuvent ainsi collecter des documents, les proposer au public, protéger l’anonymat des lecteurs, et s’opposer à des censures injustifiées. Depuis s’est formé un corps des bibliothécaires, pour lutter contre le comité d’amélioration des médias. C’est un corps paramilitaire qui dispose d’une force armée : le groupe d’intervention des bibliothécaires (GIB).

Cette situation n’est pas qu’une toile de fond et la question de la liberté d’expression est exploitée dans chacun des volumes. Avec Iku Kasahara, l’héroïne, nous découvrons le corps paramilitaire du Kanto et plus particulièrement le GIB puisqu’elle est la première femme à intégrer ce groupe. Si au début il parait impossible de faire évoluer les choses, différents événements vont peu à peu apporter du changement. L’un des éléments les plus importants dans cette histoire, et que Kasahara réalise avec stupeur, est que la loi d’amélioration des médias a pu être mise en place grâce à l’indifférence de la population. Il n’y avait en effet que les bibliothécaires pour s’offusquer d’une telle mesure. Bien que ce manga soit un shojo, la lutte pour la liberté d’expression est omniprésente et transmet bien un message politique : il ne faut pas laisser un gouvernement limiter nos droits sans nous battre. Ce manga illustre bien les problèmes auxquels doivent faire face les bibliothécaires : concilier idéaux de paix et combats (ils ont l’autorisation de se servir d’armes mais ne le font que quand la situation les y oblige) ; obligation de défendre leurs droits dans les limites imposées par la loi, ce qui les pousse à réfléchir longuement pour établir des plans d’action ; et des divisions internes auxquelles aucun groupe ne peut échapper.

Malgré un contexte sombre, une légèreté bienvenue

Le manga Library War – Love & War parvient à conjuguer cette réflexion avec des éléments qui relèvent du shojo. Les deux dimensions s’accordent parfaitement et c’est la raison pour laquelle j’ai lu les 15 volumes en peu de temps.

Iku Kasahara a tout juste la vingtaine et a souhaité rejoindre le corps des bibliothécaires après avoir été sauvée par l’un d’entre eux alors qu’elle était encore lycéenne. C’est pour retrouver son « prince charmant » qu’elle travaille dur et devient l’un des éléments les plus prometteurs de sa promotion, contre l’avis de ses parents qui ne souhaitent pas qu’elle fasse un « métier d’homme ». Seule femme du GIB, Kasahara étonne par ses capacités sportives mais elle doit subir l’intransigeance de son supérieur, le lieutenant Dojo. La relation entre Kasahara et Dojo est assez prévisible mais cela n’enlève rien au plaisir que l’on a à suivre les événements. Il y a de plus une palettes de personnages qui, bien que secondaires au premier abord, prennent peu à peu une place plus importante et acquièrent même de la profondeur.

Iku Kasahara est un personnage que j’ai trouvé très intéressant. Depuis toute petite, elle a mal vécu le fait d’être plus grande que les autres et sa mère n’a jamais supporté son comportement qu’elle jugeait non féminin. Elle met du temps à s’affirmer et à reconnaître qu’elle est aussi intelligente que ses amis. Kasahara se sous-estime beaucoup trop et nous suivons avec elle son long chemin vers la confiance en soi. J’ai aimé l’évolution de ce personnage. Kasahara change, mais garde aussi un caractère entier qui fait d’elle quelqu’un de franc et sincère.

Il y a beaucoup de scènes convenues et attendues dans un tel manga mais je dois dire que je les ai beaucoup aimées. Les situations drôles apportent de la légèreté à cette histoire. On rit beaucoup malgré le contexte sombre et ce contraste m’a plu. Je lis des mangas depuis peu et je découvre l’univers shojo aux dessins caractéristiques (importance accordée aux yeux ; traits accentués pour lire les émotions…) avec plaisir. J’ai suivi sans ennui les atermoiements amoureux des personnages, je dirais même que je les ai lus avec beaucoup d’intérêts ! Je vous avoue (petite confession avant de conclure) que je suis tombée sous le charme de Dojo.

Je ne m’attendais pas à trouver tous ces éléments en commençant ce manga découvert par hasard à la bibliothèque. Intriguée par le titre, je me suis lancée sans a priori dans cette histoire et j’en suis ravie parce que j’ai adoré cette série ! J’étais à la fois heureuse et triste de la finir, signe qu’elle m’a véritablement marquée.

  La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un animé !

 

 

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Profiter de chaque instant avec Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou

Tout plaquer et aller vivre dans une cabane en Sibérie. Tout plaquer et partir élever des lamas au Pérou. Tout plaquer et vivre sur une île, isolée de tout. Combien de fois nous faisons-nous cette réflexion : je veux quitter toutes mes responsabilités, dire stop, et souffler ? Je dois dire que ça m’arrive souvent, et heureusement, je peux trouver dans la lecture des moyens d’échapper au quotidien.

Dans Tout plaquer et aller prendre un bain (mes petits moments), l’illustratrice Mathou nous montre que le quotidien peut être source de grands-petits moments de bonheur. Il faut savoir les apprécier et les savourer, les vivre pleinement. Plus facile à dire qu’à faire, quand nos journées se ressemblent et que la routine s’installe malgré nos efforts pour laisser la surprise prendre sa place dans notre quotidien.

Je me suis installée confortablement avec le livre de Mathou, et j’ai délicatement tourné les pages, curieuse de savoir quel moment sera évoqué dans le dessin suivant. Lire Tout plaquer et… c’est comme manger un chocolat. On est pressé de le manger mais on veut aussi le savourer. Prendre son temps. Je me suis arrêtée à chaque page et ai admiré les dessins tout en couleurs vives et rondeurs. J’ai mis en parallèle chaque instant croqué avec mon propre quotidien. Plusieurs de ces moments concernent la fille de Mathou et m’ont donc moins parlé puisque je ne suis pas maman, mais ça ne m’a pas empêchée d’en apprécier la douceur.

Chaque illustration fait sourire. On se dit « Mais oui, moi aussi j’aime ce moment », « Moi aussi je fais ça », « Qu’est-ce que j’aime ça ! ». Comme une enfant, j’ai aimé la surprise provoquée à chaque page tournée, à chaque nouveau plaisir dessiné : choisir le thé, regarder un film avec un plaid, faire une balade à vélo, chanter très fort, marcher sur le sable, l’odeur des livres, boire un chocolat chaud…

Chacun des dessins vaut un long discours. Car ils disent tous que ces instants, vécus seul ou accompagné, sont précieux. Il faut retrouver cette sensation que nous avons quand nous vivons quelque chose pour la première fois.

Frais, doux et chaleureux, Tout plaquer et aller prendre un bain pourra facilement devenir votre livre-doudou, celui qui reste sur la table de chevet et qu’on feuillette dès que le moral n’est plus au beau fixe. C’est ce genre de livres qui font chaud au cœur et qu’on aime lire et relire.

Si vous aimez les dessins de Mathou, vous pouvez la retrouver sur son blog, Crayon d’humeur.

Tout-plaquer-et-aller-prendre-un-bainJ’ai lu cette BD dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival » de Price Minister, que je remercie chaleureusement. Comme demandé, je livre une note : 20/20, pour toutes les raisons évoquées dans cette chronique !

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Grant Morrison présente Batman, tome 1 : l’héritage maudit

Batman L'héritage maudit

« Bienvenue à Gotham City, une fiesta de quinze kilomètres sur dix. De la colline jusqu’à la place de la Cathédrale, du Quartier des Amusements au pénitencier de Blackgate, c’est la Babylone américaine du XXIe siècle, qui a bien grandi depuis ses origines boueuses et s’est placée sous les feux de la rampe, histoire d’épater et de séduire le monde.

Gotham City, où le champ électromagnétique des besoins, peurs et espoirs humains rayonne dans cette nuit froide de janvier, si intense qu’on en sent le goût, comme du papier d’alu sur un plombage. C’est ici que le crime prend bouche avec la meilleure société, ici que tout est à vendre. Ici que de lourds nuages crachent et crachent encore de cet acide brûlant que les Gothamiens appellent de la pluie et qu’ils connaissent si bien. C’est le genre de ville qui vous appelle « mon chou » tout en vous faisant les poches, qui vous promet le monde et vous livre au caniveau, à moins que ce ne soit l’inverse, qui vous éteint d’un baiser ou d’une balle, puis oublie votre nom avant l’aube. »

Depuis 1939, année de sa création, Batman lutte contre le crime et tente de sauver Gotham city. Il apparaît dans le Comic Book Detective Comics (DC Comics) peu après Superman. Mais contrairement à son prédécesseur, Batman n’a pas de super pouvoirs. Bruce Wayne est un homme à la tête d’une fortune colossale. Il joue les play-boy le jour et fait planer son ombre d’homme chauve-souris sur la ville la nuit.

Grant Morrison revisite le monde de Batman autour d’une intrigue : Batman découvre qu’il a eu un fils avec Talia al Ghul, fille d’un ancien ennemi de Batman. Ce fils, Damian Wayne, est encore un enfant mais, éduqué par des criminels, il représente déjà un grand danger. On découvre alors un Batman en prises avec son propre fils alors qu’il doit empêcher Talia al Ghul de mener de sombres desseins. A travers cette première histoire, nous découvrons le fidèle majordome de Bruce Wayne, Alfred mais aussi Robin sous les traits de Tim Drake. Dans les histoires suivantes Grant Morrison nous fait voyager dans le temps en faisant des allers et retours dans le parcours de Batman. J’ai particulièrement apprécié l’histoire « Le club des héros », où Batman retrouve sur une île des héros qui tentaient de l’imiter voilà quelques années. Un mystérieux personnage leur lance un défi : parviendront-ils à faire triompher le Bien du Mal ? Pris au piège, les personnages tentent de découvrir qui leur joue ce mauvais tour.

Si j’ai été parfois un peu perdue dans cet univers que je découvre, je n’en ai pas moins pris plaisir à me plonger dans les histoires de Batman. Le justicier masqué, sans cesse tiraillé par son passé, me plait beaucoup. Les personnages qui l’entourent enrichissent le récit. Il n’y a pas de manichéisme, mais des personnages en proie à des questions qui les poussent tantôt vers le bien, tantôt vers le mal. Les dessins illustrent parfaitement l’ambiance de l’univers de Batman. Ils rendent hommage à la force de Batman, et témoignent de la frayeur qu’il peut provoquer, quand, dans l’ombre, il s’avance doucement vers nous.

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C’est le premier Comics que je lis, et je suis conquise. Toutefois, avant de poursuivre la série de Grant Morrison, je vais lire la série Batman année 1, qui est parfaite pour se lancer dans les aventures du justicier d’après le site de la maison d’édition Urban Comics. Si vous aimez Batman et que vous êtes à l’aise avec son univers, alors je vous recommande la série Grant Morrison présente Batman. Mais si, comme moi, vous êtes débutant, alors je vous conseille la liste établie par Urban Comics pour le découvrir.

 

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Apprendre avec les Bandes dessinées

Lire plus de Bandes dessinées fait partie de mes petites résolutions livresques tous les ans. Et tous les ans, je n’en lis qu’une ou deux, l’été généralement. Cette année, j’ai enfin changé mes habitudes.

J’aime la vulgarisation. Je trouve que Secrets d’Histoire est une émission passionnante et j’aime rire devant les vidéos des Boloss des Belles lettres. Vulgariser, c’est rendre accessible. C’est donner envie d’apprendre. Attiser la curiosité. Pour ça, le format des BD est très intéressant : des images qui rendent l’apprentissage ludique, parfois drôle, et qui attirent l’attention ; et des textes courts qui mettent en avant l’essentiel.

tu-mourras-moins-bete-tome-2Marion Montaigne parvient à nous apprendre des théories scientifiques sans nous endormir. On peut trouver ses dessins sur son blog Tu mourras moins bête. Plusieurs volumes de Tu mourras moins bête ont été publiés. J’ai lu le deuxième tome, qui s’intéresse au corps humain. Microbes, bactéries, comparaisons avec les animaux, vie sexuelle… tout y passe. Le format est efficace : une question (drôle) posée sous forme de lettre au professeur Moustache, puis une explication. On se promène dans le corps humain mais aussi dans des laboratoires scientifiques où l’on suit les avancées des chercheurs. L’auteur va d’ailleurs à leur rencontre et fait lire ses dessins avant publication pour éviter toute erreur. On rit et on apprend, et c’est bien là les objectifs de cette série.

La ligue des économistes extraordinairesRire et apprendre, ce sont aussi les buts visés par les auteurs de la BD La ligue des économistes extraordinaires, Vincent Caut et Benoist Simmat. L’économie et moi, nous ne vivions pas une grande histoire d’amour. Mais nous nous sommes réconciliées depuis que je lis La ligue…Les auteurs nous présentent environ 40 économistes, divisés en trois catégories : les classiques, les révolutionnaires et les contemporains. Ils mêlent pages de textes et pages de bandes dessinées pour nous présenter ces hommes. Et pour nous repérer, des paragraphes : vis sa vie ; thèse antithèse foutaise ; l’anecdote qui tue ; pourquoi il s’est planté merci ! Le tout est clair, bien expliqué avec les informations essentielles. Les pages de bandes dessinées sont très drôles et sont vraiment pratiques pour ceux qui, comme moi, font plutôt marcher leur mémoire visuelle. C’est parfait pour être feuilleté : je lis les présentations d’un ou deux économistes le soir, de temps en temps, et je passe à chaque fois un bon moment. Vous pouvez découvrir quelques pages sur ce lien.

La petite bédéthèque des savoirsAu Salon Livre Paris, j’ai découvert une nouvelle collection qui a tout pour me plaire : la petite bédéthèque des savoirs, des éditions Le Lombard. Cette collection réunit, pour chaque ouvrage, un spécialiste et un dessinateur. Les thèmes sont très larges : l’intelligence artificielle, le hasard, le tatouage, le minimalisme… J’ai craqué pour L’univers et Les requins. J’ai beaucoup aimé les dessins de Daniel Casanave qui donnent un côté poétique aux explications de Hubert Reeves. Ce-dernier compare la création de l’univers à la création artistique. J’ai beaucoup aimé ses explications même si j’en attendais un peu plus. Niveau explications, je n’ai pas été déçue avec le volume sur hubertles requins. Le spécialiste Bernard Séret nous présente les requins sous tous les aspects et j’ai appris beaucoup de chose sur ces animaux à la mauvaise réputation. Ce que j’apprécie dans cette collection, ce sont les avant-propos : en un peu moins de dix pages, on pose le décor avec des repères chronologiques et des références philosophiques/littéraires/scientifiques. A la fin, des bibliographies nous encouragent à aller plus loin. J’ai beaucoup aimé les deux volumes et je compte bien découvrir le reste de la collection. Si vous voulez en savoir plus, c’est par ici.

 

J’espère que ce petit tour d’horizon de mes découvertes en BD vous a plu. Si vous avez des titres à me conseiller, n’hésitez pas, je suis curieuse !