Album photos·Visites et rencontres

Album photos #7 – Visitons la cathédrale d’Amiens avec Marcel Proust

Après mon week-end à Saint-Valéry-sur-Somme en avril dernier, je suis passée par Amiens. Je vous ai déjà parlé de la maison de Jules Verne. Mon voyage dans le temps s’était ensuite poursuivi par la visite de la cathédrale d’Amiens. J’ai alors marché sur les pas de Marcel Proust et de John Ruskin. Tous les deux ont mis des mots sur leur visite puisque le premier a traduit l’ouvrage du second : La Bible d’Amiens.

Je vous propose de découvrir cette cathédrale avec les mots de Marcel Proust (il a décrit sa propre visite dans la préface de l’ouvrage) et mes photos.

« Vous aurez peut-être alors comme moi la chance de voir la cathédrale, qui de loin ne semble qu’en pierres, se transfigurer tout à coup, et, – le soleil traversant de l’intérieur, rendant visibles et volatilisant ses vitraux sans peintures, – tenir debout vers le ciel, entre ses piliers de pierre, de géantes et immatérielles apparitions d’or vert et de flamme. »

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La Vierge dorée – « Sortie sans doute des carrières voisines d’Amiens, n’ayant accompli dans sa jeunesse qu’un voyage, pour venir au porche Saint-Honoré, n’ayant plus bougé depuis, s’étant peu à peu hâlée à ce vent humide de la Venise du Nord qui au-dessus d’elle a courbé la flèche, regardant depuis tant de siècles les habitants de cette ville dont elle est le plus ancien et le plus sédentaire habitant, elle est vraiment une Amiénoise. Ce n’est pas une œuvre d’art. C’est une belle amie que nous devons laisser sur la place mélancolique de province d’où personne n’a pu réussir à l’emmener, et où, pour d’autres yeux que les nôtres, elle continuera à recevoir en pleine figure le vent et le soleil d’Amiens, à laisser les petits moineaux se poser avec un sûr instinct de la décoration au creux de sa main accueillante, ou picorer les étamines de pierre des aubépines antiques qui lui font depuis tant de siècles une parure jeune. »

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« En voyant monter vers le ciel ce fourmillement monumental et dentelé de personnages de grandeur humaine dans leur stature de pierre tenant à la main leur croix ; leur phylactère ou leur sceptre, ce monde de saints, ces générations de prophètes, cette suite d’apôtres, ce peuple de rois, ce défilé de pécheurs, cette assemblée de juges, cette envolée d’anges, les uns à côté des autres, les uns au-dessus des autres, debout près de la porte, regardant la ville du haut des niches ou au bord des galeries, plus haut encore, ne recevant plus que vagues et éblouis les regards des hommes au pied des tours et dans l’effluve des cloches, sans doute à la chaleur de votre émotion vous sentez que c’est une grande chose que cette ascension géante, immobile et passionnée. Mais une cathédrale n’est pas seulement une beauté à sentir. Si même ce n’est plus pour vous un enseignement à suivre, c’est du moins encore un livre à comprendre. Le portail d’une cathédrale gothique, et plus particulièrement d’Amiens, la cathédrale gothique par excellence, c’est la Bible. »

J’ai été subjuguée par la beauté de la cathédrale et j’espère que mes photos vous donneront envie de venir dans les Hauts-de-France ! Le texte La Bible d’Amiens de John Ruskin et traduit par Marcel Proust est disponible sur Gallica.

Romans

Mon rendez-vous manqué avec Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique de Jon Monnard

Je suis le compte Instagram de Jon Monnard depuis quelques temps et j’ai pu y suivre l’écriture de son premier roman, récemment publié. J’étais impatiente de le lire, surtout après avoir lu des retours de lecteurs enthousiastes. Aussi, quand j’ai vu que Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique était disponible dans la liste Masse Critique de Babelio, je n’ai pas hésité et ai demandé à la recevoir. Et à peine était-il arrivé que je plongeai dans les pages de ce roman. Et ce ne fut malheureusement par le coup de coeur que j’aurais aimé avoir.

Ça ne se commande pas. On peut être dans les meilleures dispositions du monde, on peut vouloir à tout prix aimer un roman, et au final se dire que non, on n’y arrive pas. Et il est alors d’autant plus difficile d’écrire son avis.

Mais commençons par le début. Pourquoi avoir voulu lire ce roman ? Le fait que je suive les aventures de l’auteur sur Instagram a bien sûr joué. Mais ce n’est pas l’unique raison. J’étais intriguée par le titre, jolie référence à Gatsby le Magnifique, et donc prometteur. La négation dans ce titre invite à s’interroger : pourquoi le héros (car on le soupçonne d’être celui qui prononce cette phrase) dit cela ? La quatrième de couverture apporte un début de réponse et donne envie d’aller plus loin. On y apprend que le roman raconte l’histoire de Coska, un jeune étudiant en art, qui gagne un prix d’écriture organisé par une maison de haute couture et se retrouve ainsi plongé dans le milieu de la mode. Dès le départ, j’ai été intéressée par le croisement de plusieurs pratiques artistiques dans un même récit : les arts graphiques, l’écriture, et le stylisme. J’avais très envie de savoir comment le héros allait vivre cette entrée dans un monde qu’il ne connait pas, et que je ne connais pas non plus. Je savais que Jon Monnard avait fait de nombreuses recherches et donc je voulais moi aussi, comme Coska, entrer dans ce monde inconnu.

Je suis entrée facilement dans le texte. Les descriptions des lieux sont maîtrisées et le lecteur peut facilement imaginer l’environnement dans lequel évolue Coska. La première partie est à la troisième personne, et le prénom du héros arrive tardivement, à la dernière page de la première partie. Il y a donc d’abord une mise à distance avec Coska, qui garde ainsi une part de mystère. Ce procédé m’a beaucoup plu. On apprend beaucoup sur le héros, sur ses difficultés à évoluer dans la société et sur son sentiment de ne pas être à sa place, tout en gardant un flou qui pousse à la curiosité, le tout savamment dosé. Autour du héros gravitent des personnages intéressants dont on devine rapidement l’importance dans le récit : le professeur Bataille et l’étudiante Apolline, la concierge de l’immeuble dans lequel vit Coska et sa fille Julia, le libraire antipathique… Ces personnages sont liés au monde de Coska, le premier, celui dans lequel il vit avant de gagner le concours d’écriture de la maison Martha Kahl.

Deuxième partie. Cette fois, le narrateur est Coska et nous entrons dans ses pensées. A un « il » énigmatique succède un « je » beaucoup moins mystérieux. Coska entre dans le milieu très fermé de la haute-couture, un milieu où les apparences comptent plus que tout. Il découvre qu’il faut mentir et boire pour réussir, et, surtout, montrer sa vie de rêve sur les réseaux sociaux. Cette fois, les personnages qui l’entourent sont moins décrits que ceux de la première partie. Et c’est là que la déception est arrivée. Je comprends que l’auteur ait voulu illustrer l’impossibilité de bien connaître les personnes dans ce milieu où l’on ne dévoile de soi que ce que l’on veut montrer. Mais ça m’a paru maladroit et pas assez fouillé. Je suis restée dans l’attente. J’avais l’impression de lire une suite de scènes dont les protagonistes me restaient étrangers, et bien que ce soit peut-être l’effet recherché, cela ne m’a pas plu. Dans cette deuxième partie, tout va très vite : les soirées se succèdent et se ressemblent toutes, le narrateur travaille peu sur son manuscrit et change très vite. Ce changement m’a paru également trop rapide. Le Coska de cette partie ne ressemble pas du tout à celui du début. Là encore, c’est un choix de l’auteur que je comprends, puisque le narrateur se laisse influencer par le milieu dans lequel il évolue désormais. Mais j’aurais aimé suivre plus en détail cette évolution. Là, j’ai eu cette impression que Coska changeait brutalement de personnalité, en une soirée.

Le roman a pourtant des thèmes qui m’intéressent. L’importance de l’apparence, liée à l’utilisation des réseaux sociaux, notamment. On retrouve également la recherche de la gloire, la volonté d’être connu, tout en ayant une existence oisive éloignée des contraintes du quotidien. On suit des personnages à la dérive, hyper connectés et complètement perdus. Mais ce qui m’intéressait au départ, le croisement de plusieurs pratiques artistiques, m’a au final paru trop peu développé : la haute-couture, l’édition, la musique, la photographie… il y en avait peut-être trop et tout cela m’a paru survolé, sans réel détail, et parfois caricatural (je pense notamment à l’éditeur de Coska).

Quand je dis que que j’aurais aimé un texte plus creusé et approfondi, ça sous-entend quelque chose de positif : si je n’avais rien aimé dans ce texte, je n’en demanderai pas plus. Malgré les critiques énoncées plus haut, je pense qu’il y a du bon dans ce roman (notamment dans la première partie). J’en attendais peut-être trop, suite aux avis positifs des lecteurs.

et à la fois je savais que je n'étais pas magnifique

 

Ce premier roman fait vivre une belle histoire à son auteur et j’en suis très heureuse pour lui. Jon Monnard partage les commentaires de ses lecteurs sur son compte Instagram, et si vous souhaitez lire une critique élogieuse de Et à la fois…, je vous invite à lire l’avis d’Amandine sur L’ivresse littéraire.

Je remercie Babelio et les éditions l’Age d’homme !

 

 

 

Romans

Effroyable descente aux Enfers avec Ce que tient ta main droite t’appartient de Pascal Manoukian

L'Enfer par Gustave Doré
Illustration de La Divine comédie (L’Enfer) de Dante par Gustave Doré

Ulysse et Orphée n’ont pas rencontré une telle horreur lorsqu’ils sont descendus aux Enfers. Ulysse va au royaume des morts pour parler à Tirésias, un devin de Thèbes, et obtenir des informations sur son retour à Ithaque. Orphée, lui, y va pour retrouver Eurydice et la ramener au monde des vivants. L’Enfer que va découvrir Karim n’est pas le royaume des morts de la mythologie grecque. C’est le royaume des vivants donnant la mort, un royaume qui n’attend pas que vous fassiez le chemin jusqu’à lui mais qui vient à vous, n’importe où, n’importe quand.

Charlotte est sauvagement assassinée lors d’un attentat revendiqué par Daesh, alors qu’elle prenait un verre avec deux amies. Le terroriste a actionné ses explosifs juste à côté d’elle. Il ne reste presque plus rien de Charlotte et du bébé qu’elle attendait. En l’espace de quelques secondes, Karim perd sa femme et leur enfant. Charlotte et Karim avaient choisi deux prénoms : pour un garçon, Ulysse, le héros grec à l’origine du cheval de Troie ; pour une fille, Isis, la déesse égyptienne. Karim aimait moins Isis, qui rappelle l’acronyme anglais de l’État islamique : the Islamic State of Irak and Shama. Charlotte balayait d’un revers de la main cette remarque : elle préférait penser à la référence mythique.

Karim sombre dans le désespoir. Alors, tel Ulysse qui entre chez les Troyens pour mieux les attaquer, Karim décide de rejoindre Daesh pour mieux atteindre ses dirigeants et se venger de la perte de sa femme et de son bébé. Karim est musulman, non par véritable conviction mais parce qu’il a été élevé dans ce culte. Il se sert de sa religion et de ses origines pour se faire remarquer par des recruteurs de l’État islamique. La facilité avec laquelle Karim parvient à entrer en contact avec un recruteur fait froid dans le dos. Et le voilà, en quelques jours, prêt à rejoindre la Syrie, en passant par la Belgique et la Turquie. Il fait ce voyage avec un couple et un enfant et avec une jeune femme qui va rencontrer son mari, un soldat de l’EI avec qui elle s’est mariée via Skype. Difficile de comprendre comment ils peuvent en arriver là. En évoquant les raisons de leur ralliement à Daesh, Pascal Manoukian parvient à mettre à jour les fractures de la société sans pour autant justifier leurs actes.

Ancien reporter de guerre, l’auteur décrit avec beaucoup de détails une Syrie ravagée par les conflits. Avec Karim nous découvrons un pays et une population anéantis. Nous découvrons ces lieux où on peut mourir pour avoir posé le pied trop près d’une mine. Où les attaques sont habituelles. Les nouveaux combattants, bien que préparés, sont sous le choc. Mais ils sont aussi surpris par la réalité qui s’imposent à eux, bien loin du rêve vendu par Daesh. A la place c’est un cauchemar qui les attend, mais sans réveil possible. Karim, lui, manœuvre pour se faire une place et côtoyer les dirigeants. Il joue un jeu dangereux, et le retour en arrière n’est plus envisageable.

Les médias nous confrontent tellement à des images insoutenables, qu’elles nous touchent sur l’instant mais sont vite remplacées par d’autres. A l’inverse, des textes comme Ce que tient ta main droite t’appartient s’ancrent en nous et ne s’oublient pas. Peut-être est-ce parce que nous créons nous-mêmes les images que les mots nous décrivent. Peut-être est-ce parce que nous sommes actifs lorsque nous lisons alors que face à un écran, les images se contentent de notre passivité. Toujours est-il que le roman de Pascal Manoukian est difficile parce qu’il est malheureusement d’actualité et parce qu’il touche notre sensibilité. Il retranscrit la violence : la violence de la haine, la violence verbale, la violence des actes. Une violence face à laquelle nous nous sentons démunis.

Je n’ai pas pu lire ce roman d’une traite. J’ai dû le poser à plusieurs reprises pour réfléchir ou pour faire autre chose et me changer les idées. Je ne peux pas dire si j’ai aimé ou pas, non plus si je le recommande ou non car il dépend de chacun de savoir s’il peut supporter une telle lecture. Une chose est sûre : il vous fera longuement réfléchir. Bien des jours après avoir terminé ma lecture, je ne sais toujours pas quoi penser du désir de vengeance personnelle de Karim.

ce que tient ta main droite t'appartient

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du Prix Orange du livre 2017. J’avais candidaté pour faire partie du jury mais n’avais pas été retenue. J’ai tout de même reçu ce livre, qui faisait partie de la sélection. Je remercie donc le site Lecteurs.com et les éditions Don Quichotte !

 

 

 

 

 

 

C'est le 1er, je balance tout

C’est le 1er je balance tout #5

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Et voilà, nous sommes en juin et comme tous les mois je me dis : le mois dernier est passé beaucoup trop vite ! Le fait majeur de ma vie de lectrice en mai : le soleil qui s’installe, et la possibilité de pouvoir lire des heures et des heures sur la terrasse. Quel plaisir ! Ça me manquait beaucoup, et c’est fou comme le temps peut jouer sur nos humeurs. J’ai un regain d’énergie qui m’a permis d’atteindre des objectifs et d’avancer.

C’est parti pour le recap’ du mois de mai ! Comme d’habitude :

  • le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois-dernier
  • au moins une chronique d’un autre blog
  • au moins un lien (hors chronique littéraire) qui m’a fait « Wahou »
  • ce que j’ai fait de mieux
  • Je balance : le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois-dernier

Toujours pas de flop (et tant mieux !), comme les mois auparavant.

la prisonnièreJ’ai commencé fin avril et terminé en mai La Prisonnière de Marcel Proust. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez peut-être vu mes deux publications dans lesquelles je parle de deux extraits. Comme toujours avec Proust, c’est beau, avec des moments de révélation où on se dit « Eh, mais moi aussi je ressens ça ! » ou « Comment arrive-t-il à mettre des mots sur des sentiments qui me paraissaient indescriptibles ? ». On réfléchit et on rit. J’ai plein de choses à dire sur ce volume de la Recherche et je travaille sur un article en me demandant quel plan adopter pour que le tout ne soit pas trop fouillis.

ce que tient ta main droite t'appartient

En janvier j’avais candidaté pour devenir Juré du Prix Orange du livre 2017. Je n’ai pas été retenue mais l’équipe du site Lecteurs m’a généreusement envoyé le livre Ce que tient ta main droite t’appartient de Pascal Manoukian. Difficile de dire « j’ai aimé » avec cette lecture très difficile car malheureusement d’actualité. La femme de Karim meurt dans un attentat, et Karim ne se remet pas de ce malheur qui s’abat sur lui. Lui, qui devait devenir père dans quelques mois, perd tout en quelques minutes. Il décide alors de rejoindre Daesh et d’aller en Syrie pour affronter ses ennemis et se venger. J’ai dû poser le livre plusieurs fois pour réfléchir mais aussi pour faire autre chose, me changer les idées, avant de me replonger dans cet Enfer. Je dois écrire une critique avant le 13 juin pour le site Lecteurs, mais je ne m’y suis pas encore mise et j’avoue que je repousse ce moment.

le comte de monte cristoOn reste dans le thème de la vengeance mais à une autre époque. J’ai commencé Le comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas. De Dumas, j’ai lu Les Trois mousquetaires, La Reine Margot et La Tulipe noire. Ça fait des années que j’ai ces livres, mais je n’avais toujours pas lu les aventures d’Edmond Dantès. C’est la vidéo de Lemon June qui m’a donné envie de lire ce roman. Et je ne suis pas déçue. Je tourne les pages sans m’en rendre compte, avec cette excuse que connaissent tous les lecteurs : « encore un chapitre, puis j’arrête ». Mais je n’arrête pas. Il y a du suspens, des intrigues qui s’enchevêtrent, une multitude de personnages intéressants, de l’aventure… Bref, c’est du Dumas, et j’adore !

  • Je balance : au moins une chronique d’un autre blog lue le mois dernier

Anne de Textualité, m’a donné envie de lire Tokyo Vice de Jack Adelstein. J’avais déjà repéré ce livre chez Lola, et ce deuxième avis enthousiaste m’a rappelé que j’aimerais beaucoup découvrir ce récit d’un journaliste qui découvre la mafia japonaise.

Chez Bénédicte, j’ai aimé sa chronique sur un livre traitant de la mode des années 1920.

Deux chroniques ayant le même thème ont retenu mon attention ce mois-ci. Ce thème, c’est l’écrivain. Amandine propose une interview de Jon Monnard, dont le premier roman a récemment été publié (et que je dois recevoir bientôt grâce à l’opération Masse Critiques de Babelio !). Quant à Gaëlle, elle a assisté à un petit-déjeuner en compagnie de Victoria Hislop, auteur que je ne connaissais pas mais dont j’ai maintenant envie de découvrir les livres. Dans ces deux articles, on en apprend plus sur les habitudes d’écriture de ces deux auteurs, leurs inspirations, et sur la naissance de leurs romans. Ces deux articles m’ont rappelé la rencontre avec Emma Cline à laquelle j’avais participé en septembre 2016.

  • Je balance : au moins un lien (hors chronique littéraire) qui m’a fait « Wahou » le mois dernier

Je vous embête encore avec Lemon June, parce que je trouve ses vidéos géniales. Il y a quelques jours, elle a mis en ligne une vidéo dans laquelle elle parle de l’histoire du roman. On sent l’énorme travail que ça a dû lui demander. C’est bien construit, clair, avec des références, et ça m’a rappelé mes cours de prépa littéraire. Passionnant.

Toujours sur Youtube, j’ai découvert la chaîne Cher corps. Dans ces vidéos, de jeunes femmes sont invitées à parler des rapports qu’elles entretiennent avec leur corps. J’apprécie les témoignages proposés et je me suis retrouvée dans certains d’entre eux. Bien que des sujets difficiles soient évoqués, les discours sont bienveillants et positifs. Ces vidéos offrent une bonne dose d’optimisme, et ça fait du bien !

  • Et enfin, je balance : ce que j’ai fait de mieux le mois dernier

Comme je le disais en débutant ce bilan, j’ai lu au soleil. C’est peu de chose, dit comme ça, mais en réalité, ça m’a fait beaucoup de bien.

Et le mois de mai fut marqué par une bonne nouvelle : j’ai réservé un logement à Arras (à côté d’un parc !) et je m’y installerai le mois prochain. J’ai vécu deux ans à Arras et c’est une ville que j’aime beaucoup, je suis contente d’y retourner !

C’est terminé pour ce retour sur le mois de mai. Pour retrouver les autres participations au rendez-vous C’est le 1er je balance tout, ça se passe sur le blog Allez-vous faire lire !

Et vous, si vous deviez résumer votre mois de mai, que diriez-vous ?

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Album photos

Album photos #6 – Un week-end à St-Valery-sur-Somme

Un week-end en Baie de Somme

C’était le premier week-end d’avril dernier. Un besoin de s’évader et de changer d’air,  mais sans aller très loin. Pour ça, la Baie de Somme était l’endroit parfait. Direction Saint-Valery-sur-Somme, charmante ville médiévale qui offre une vue imprenable sur la Baie. Je n’ai pas pu voir les phoques (il y avait trop de brume) mais ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ce petit séjour.

St-Valery, ville médiévale

C’est avec une douce impression de remonter le temps qu’on parcourt les ruelles de Saint-Valery. Guillaume le Conquérant et Jeanne d’Arc y sont passés : le premier, avant de partir à la conquête de l’Angleterre ; la seconde, prisonnière, y fut amenée de force avant de rejoindre Rouen. On regarde ses pieds avant de se promener la tête en l’air. Des pavés aux façades, tout nous rappelle le passé. La ville est un livre ouvert qui nous raconte notre histoire.

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Vue sur la Baie

Mais le passé préservé n’est pas la seule richesse de St-Valery. La ville-haute permet de contempler la Baie de Somme. On ne pourrait se lasser de cette vue, tant elle donne l’impression d’avoir la baie à ses pieds. L’eau nous semble à la fois proche et lointaine. Le spectacle de la nature nous en met plein les yeux.

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Voyager dans le temps avec le train à vapeur

Après avoir quitté la ville-haute et s’être promené sur la digue jusqu’au port, un nouveau vestige du passé se dévoile : le train à vapeur. Ce train datant de la Belle époque relie Cagneux-sur-Mer à Le Crotoy, en passant par St-Valery-sur-Somme et Noyelles-sur-Mer. Le trajet est agréable et permet d’apprécier les paysages qui défilent lentement. Plus qu’un simple moyen de transport, le train à vapeur offre une balade hors du temps, et ravit les petits comme les grands.

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Saint-Valery-sur-Somme est parfaite pour se ressourcer et se reposer. On oublie ses soucis du quotidien dans cette invitation au voyage dans le temps et l’espace. Et parce qu’un week-end ne permet pas de profiter de tout ce qu’offre la Baie de Somme, j’y retournerai volontiers en espérant avoir plus de chance pour voir ses célèbres phoques.

Politique&Culture

Politique&Culture #2 – La nouvelle ministre de la Culture lit et édite des livres

Françoise Nyssen

C’est une nomination qui a été bien accueillie le 17 mai 2017 : une éditrice a pris la tête du ministère de la Culture au sein du gouvernement Édouard Philippe.

Une éditrice rue de Valois

Françoise Nyssen, née en Belgique en 1951, est à la tête de la maison d’édition Actes Sud. Cette maison avait été fondée par son père, Hubert Nyssen, en 1969, sous le nom Atelier de cartographie thématique et statistique (d’où le « Actes »). C’est en 1977 que Hubert Nyssen, sa femme Christine Le Boeuf ainsi que leur associé Jean-Philippe Gautier s’ouvrent à l’édition de livres et prennent le nom Actes Sud.

Françoise Nyssen s’intéresse d’abord à la chimie et à l’urbanisme avant de rejoindre Actes Sud. Depuis, la maison d’édition enchaîne les succès éditoriaux. Prix Médicis du roman étranger en 1993 avec Léviathan de Paul Auster ; en 1996, prix Goncourt des lycéens pour Instruments des ténèbres de Nancy Huston ; publication d’Une histoire de la lecture d’Alberto Manguel en 1998, entre autres.

2015 est l’année de la consécration : deux prix Goncourt (prix Goncourt pour Boussole de Mathias Enard et prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud) et un prix Nobel de littérature avec Svetlana Alexievitch. 2015, c’est aussi l’année de publication de deux autres succès : Millénium 4 de David Lagercrantz et Le Charme discret de l’intestin de Giulia Enders.

Un point est important pour Françoise Nyssen : l’indépendance. C’est grâce à cette indépendance qu’Actes Sud publie tant d’ouvrages de qualité. Et pas seulement des œuvres de fiction. En 2011, une nouvelle collection voit le jour : le Domaine du possible « une collection qui rassemble des initiatives et propositions originales et innovantes sur des questions écologiques, économiques, énergétiques ». Domaine du possible, c’est aussi le nom d’une école que Françoise Nyssen a créée avec son mari en 2015, pour accompagner les enfants en difficulté, de la maternelle au lycée. L’éditrice n’a donc pas peur de proposer des alternatives innovantes.

La lauréate du prix Veuve-Cliquot de la femme d’affaires de l’année (1991) a fait d’Actes Sud une maison d’édition de premier plan, tout en gardant son originalité face au milieu éditorial français. Ouverte à la nouveauté, en ce qui concerne l’édition mais aussi les initiatives citoyennes, Françoise Nyssen est une femme engagée, qui ne manquera pas de dynamisme pour mener à bien les missions du ministère de la Culture.

Cette nomination enchante les acteurs de la chaîne du livre. Et pour cause ! Sans remettre en doute son objectivité, on peut s’attendre à ce que Françoise Nyssen rééquilibre les subventions aux différents domaines culturels. Le Monde signalait, dans un article d’avril dernier, qu’en 2016, le Centre national de la cinématographie et de l’image animée s’était vu attribué une subvention de 639 millions d’euros ;  contre 30 millions pour le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz ; le Centre national du livre avait, lui, bénéficié de 28 millions d’euros ; et l’association pour le soutien au théâtre privé, 8 millions. L’importance du lobbying dans ce ministère clientéliste est l’une des explications avancées par cet article, qui souligne la capacité du milieu du cinéma à oublier les querelles internes pour faire front. Mais n’oublions pas qu’Audrey Azoulay, ancienne ministre de la Culture et de la Communication, avait travaillé au sein du Centre national de la cinématographie et de l’image animée.

Un changement de nom significatif pour le ministère

Le ministère est devenu ministère de la Culture, après avoir été ministère de la Culture et de la Communication. La culture a rarement eu un ministère rien que pour elle. Créé en 1959 par Michel Debré, sur demande de Charles de Gaulle, le ministère (spécialement créé pour André Malraux) fut d’abord consacré aux affaires culturelles. Mais un ministère rien que pour la Culture, c’est beaucoup trop…

Petite liste non exhaustive des ministères de la Culture créés par nos anciens gouvernements.

-En 1974, c’est un ministère des Affaires culturelles et de l’Environnement qui est proposé à Alain Peyrefitte. Association qui nous paraîtrait bien étrange aujourd’hui.

-La culture côtoie la communication dans un ministère pour la première fois en 1978.

-En 1988, nous avons un ministère de la Culture, de la Communication, des Grands travaux et du Bicentenaire. On ne savait pas où les mettre, alors on les a casés dans un seul ministère. Pratique.

-En 1992, on met ensemble la culture et l’éducation nationale. C’est peut-être parce qu’on apprend à lire à l’école ?

-En 1993, on change encore pour un ministère de la Culture et de la Francophonie.

-En 1995, ô joie, un ministère de la Culture-tout-court (jusqu’en 1997) !

1997 : retour du ministère de la Culture et de la Communication, jusqu’en mai 2017.

Les noms des ministères renseignent sur les orientations des gouvernements. A titre d’exemple : le nouveau ministère de l’Europe et des Affaires étrangères illustre la volonté du président de la République de faire du projet européen le cœur de son quinquennat. Le fait de créer un ministère entièrement dédié à la culture montre l’importance qui lui est accordée. Emmanuel Macron veut sûrement faire taire ses détracteurs qui critiquaient la légèreté de son programme en ce qui concernait ce domaine.

Et vous, que pensez-vous de l’entrée de Françoise Nyssen au ministère de la Culture ?

C'est le 1er, je balance tout

C’est le 1er je balance tout #4

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Nous ne sommes plus le 1er, mais ce n’est pas grave, je vous présente mon C’est le 1er je balance tout avec un peu de retard. Mon excuse ? J’ai passé le week-end dans le sud de la France (et je vis dans le Nord, tout en haut, donc c’était une petite expédition) pour assister au mariage d’une amie. Et bien sûr, je n’ai pas anticipé et n’ai pas préparé cet article avant de partir.

Faisons donc ce retour sur mon mois d’avril.

  • Je balance : le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois-dernier

Souvenez vous, en mars, j’ai beaucoup lu comparé à mon rythme habituel. En avril, j’ai lu moins de livres mais mes lectures furent tout aussi enthousiasmantes qu’en mars.

J’ai beaucoup aimé Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou. Un livre tout doux qui nous ré-apprend à apprécier les plaisirs du quotidien.

J’ai adoré Dalva de Jim Harrison. L’année dernière, j’avais lu un livre de cet auteur et je n’avais pas du tout aimé. Mais on m’a vivement conseillé Dalva, alors j’ai laissé une seconde chance à Jim Harrison et grand bien m’en a pris ! J’ai voyagé dans l’Amérique des grands espaces, dans une nature qui résiste difficilement à l’activité des hommes, et dans une histoire passionnante qui nous fait côtoyer les Sioux.

J’ai commencé La Prisonnière, le cinquième volume de la Recherche. J’ai décidé il y a quelques années de lire un volume de la Recherche par an (l’année dernière je vous présentais Sodome et Gomorrhe). Je savoure ces moments que je passe en compagnie de Marcel Proust. C’est une lecture qui prend du temps, qui demande une attention toute particulière, mais quel plaisir ! J’ai l’impression de retrouver un vieil ami, et ça me donne une sensation de bien-être très agréable. Mais je vais m’arrêter là, parce que je suis capable de vous écrire un looong éloge de mon Marcel !

Pas de flop donc, en avril. Et tant mieux !

  • Je balance : au moins une chronique d’un autre blog lue le mois dernier

C’est non sans honte que je vous avoue ne pas avoir de lien à vous présenter. J’ai lu peu de chroniques en avril et je n’ai pas gardé le lien de celles que j’ai lues et appréciées. Je me rattraperai le mois prochain !

  • Je balance : au moins un lien (hors chronique littéraire) qui m’a fait « Wahou » le mois dernier

J’ai découvert les vidéos de la booktubeuse Lemon June et j’ai eu un gros coup de coeur ! Je me retrouve dans ses lectures (des classiques, du contemporain…) et j’aime beaucoup sa fraîcheur et son humour. Ses vidéos sont parsemées de notions issues de son parcours en Lettres modernes. Lemon June les explique de manière claire, et ça me replonge dans mes études de Lettres. Bref, elle est passionnante !

Je vous conseille le documentaire des Internettes sur la place des femmes sur Youtube : Elles prennent la parole. Les youtubeuses parlent notamment de leur crainte de manquer de légitimité, de ce que leur apporte leurs vidéos, des insultes qu’elles reçoivent… C’est à la fois inspirant et effrayant. Inspirant parce que leurs parcours nous donnent envie de nous assumer et de faire tout ce qu’on a envie de faire. Effrayant parce qu’elles se font insulter de manière ignoble pour des raisons qui m’échappent totalement.

  • Et enfin, je balance : ce que j’ai fait de mieux le mois dernier

Avril a commencé avec un week-end en Baie de Somme puis la découverte d’Amiens (je vous ai d’ailleurs parlé de ma visite de la maison de Jules Verne). J’y ai passé un très bon moment. Et le mois s’est terminé par un week-end fabuleux de retrouvailles entre amis à l’occasion d’un mariage. Je ne pouvais pas rêver mieux.

C’est fini pour ce C’est le 1er je balance tout assez sommaire. Mon objectif est de préparer le prochain à l’avance et de vous présenter quelque chose de plus travaillé !  En attendant, je vous souhaite un très beau et très doux mois de mai.

Pour retrouver les autres participations, c’est chez Loupiot que ça se passe.